1er juillet 2021, Istanbul : Manifestation contre le retrait de la Turquie de la Convention d'Istanbul. REUTERS/Murad Sezer.

Le président Recip Erdogan a tenu sa promesse en retirant officiellement la Turquie de la Convention sur la violence...

Le président Recip Erdogan a tenu sa promesse en retirant officiellement la Turquie de la Convention sur la violence à l'égard des femmes. Une décision qui a provoqué l’ire de ces dernières et de tous les féministes au pays de Atatürk. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues des plus grandes villes de Turquie jeudi 1er juillet pour protester contre le retrait de Ankara de claquer la porte de la Convention du Conseil de l'Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à égard des femmes et la violence domestique, plus communément sous l’appellation de « Convention d’Istanbul ».

Les manifestations ont eu lieu quelques heures après que le président Tayyip Recip Erdogan a défendu le retrait de la Convention d'Istanbul, négociée dans la plus grande ville de Turquie en 2011 et conçue pour prévenir et poursuivre devant les tribunaux les actes de violences contre les femmes et les actes de violences domestiques. « Nous ne serons pas réduites au silence, nous n'aurons pas peur, nous ne nous inclinerons pas », ont scandé des femmes parmi une foule de plusieurs centaines de personnes réunies dans la capitale Ankara. « Nous n'abandonnons pas la Convention d'Istanbul », pouvait-on lire sur une grande banderole de couleur violette. « Je trouve incroyable que le gouvernement supprime des droits au lieu de les améliorer. Nous nous réveillons chaque jour avec un féminicide ou un meurtre de trans et en tant que femmes, il n'est pas possible de se sentir en sécurité dans ce pays », a déclaré l'étudiante Özgül, 26 ans.

Au milieu d'une forte présence policière, plus d’un millier de personnes, en majorité des femmes, ont manifesté dans le centre d'Istanbul, et des manifestations de moindre ampleur ont eu lieu dans la ville égéenne d'Izmir et ailleurs dans le pays. Erdogan a annoncé le retrait en mars, affirmant que la Turquie utiliserait les lois locales pour protéger les droits des femmes et a défendu sa décision jeudi 1er juillet contre ceux qui, selon lui, l'ont dépeinte comme « un pas en arrière » dans la lutte contre la violence envers les femmes. « Notre combat n'a pas commencé avec la Convention d'Istanbul et il ne se terminera pas avec notre retrait du traité », a-t-il déclaré.

Le retrait d'Ankara a déclenché la condamnation des États-Unis et de l'Union européenne, et les critiques affirment qu'il éloigne encore davantage la Turquie du bloc européen auquel elle a demandé à adhérer en 1987. Alors qu’un recours en justice visant à annuler le retrait a été rejeté la semaine, trois partis d'opposition se sont retirés d'une commission parlementaire le même jour de jeudi pour protester contre la décision. « Nous allons poursuivre notre lutte », a déclaré, la veille mercredi, Canan Güllü, présidente de la Fédération des associations de femmes turques. « La Turquie se tire une balle dans le pied avec cette décision » a-t-elle lamentée.

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