Attablé sur la terrasse d’un café populaire de la médina de Rabat, Abdelilah Benkirane qui a pris visiblement du poids...

Attablé sur la terrasse d’un café populaire de la médina de Rabat, Abdelilah Benkirane qui a pris visiblement du poids (pas politique) a accepté de s’expliquer sur les ressorts intimes de sa haine du cannabis...

Vous avez coupé le cordon ombilical avec le parti, son chef Saadeddine Al Othmani et d’autres ministres du parti que vous avez cités, nommément dans votre lettre…

Othmani et consorts ont vraiment déconné. Ils ont dû forcer sur le sebsi pour accepter une telle hérésie.  Tout sauf la légalisation du cannabis. Mes amis du parti, que Dieu ne leur pardonne pas, qui ont soutenu le projet de loi satanique légalisant son exploitation, ne sont plus mes amis. Je m’en lave les mains. Qu’ils brûlent en enfer…


Mais il s’agit d’une légalisation du cannabis à usage thérapeutique seulement?

Peu importe l’usage que l’on fait du haschich. Pour moi, il est haram. Un point à la ligne. Ce n’est pas à mon âge que je vais me laisse enfumer. Je dénonce un acte de concurrence déloyale qui risque de détrôner le PJD dans la tête des Marocains.


Dans  la tête des Marocains et pas dans leur cœur ?

La démagogie islamiste, tout comme le cannabis, agit sur les têtes et c’est pour cela que l’on parle de l’islamisation des esprits. Les autorités marocaines ont légalisé le PJD en juin 1996 et elles auraient dû en rester là pour l’intérêt de tous.


Mais encore ?

Parce que je considère que le PJD doit rester le seul opium du peuple. Un opium ça va, mais deux c’est beaucoup et même dangereux pour  la survie de notre race politique. Le petit Al Othmani et ses grands suivistes opportunistes sont des irresponsables ; ils n’ont pas compris que notre parti représente la meilleure drogue douce qui existe en terre marocaine. Elle est à la fois récréative et thérapeutique et dotée en plus d’un pouvoir anesthésiant extraordinaire de la colère des laissés-pour-compte.


Des laissés-pour-compte dont vous ne faites plus partie…

Arrêtez vos sous-entendus pas flatteurs pour ma grande personne. Cela dit, je reconnais que je me la coule douce depuis, grâce à la pension de retraite très confortable d’ex-Premier ministre. Ce biberon généreux m’a procuré la plus grande sérénité puisque je rue moins dans les brancards. Ma nouvelle devise : un biberon pour chaque Marocain.


Quelle alternative, selon vous, au cannabis ?

Nous avons au Maroc plein de plantes à usage thérapeutique comme l’absinthe, le romarin ou la sauge à prendre sous forme de tisane tout en s’enivrant de mes sorties et blagues légendaires de mes années du pouvoir. Ce n’est qu’avec moi que l’on joint le futile au désagréable…

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