Vahid Halilhodžić
Saliha Toumi
7.4.2022 2:05

C’est un Vahid Halilhodžić, serein et aux anges, qu’une équipe du Canard a interviewé après le sifflet final du match, à Casablanca, qui envoya le Maroc au Mondial du Qatar.

Vous avez échappé de justesse au limogeage grâce à la victoire des Lions contre la RD Congo. N’est-ce pas ?

Un grand merci aux Lions de l’Atlas qui m’ont sauvé la mise en me permettant de sauvegarder mon poste de coach surpayé pour des résultats mitigés. La qualification du Maroc au Mondial du Qatar m’a qualifiée à un renouvellement de confiance dans mon incompétence caractérielle.


Vous avez une chance d’enfer...

Ce qui est rare dans mon parcours professionnel marqué par des limogeages à répétition. Viré notamment par les Japonais et les Algériens.

Ce que j’ai vécu comme les pires éliminatoires de ma vie. Le Maroc est une véritable exception et un remarquable porte-bonheur.


Le peuple marocain a célébré la qualification au mondial du Qatar comme s’il avait décroché un sacre continental. Cela vous a-t-il étonné ?

Pas vraiment ! Le Maroc était tellement abonné aux déboires footballistiques que le peuple avait soif de la moindre victoire de son équipe pour exprimer sa joie.

A y regarder de plus près, les gens ont bien fait de fêter cette qualification comme si c’était un sacré sacre...


Mais encore ?

C’est ce que j’appelle une liesse populaire par anticipation et elle risque d’être la dernière, les Marocains étant conscients que leur équipe ne dépassera pas, sauf miracle, le cap du premier tour.  

En ce qui me concerne, je ne donne pas cher de la peau de vos Lions face à deux grandes nations du foot : la Belgique et la Croatie. On peut gagner le Canada qui n’est pas connu pour être un pays doué pour le ballon rond. Mais pas ces deux équipes européennes. Mais l’essentiel c’est de participer.


Un tour puis ils s’en vont ?

Un tour c’est déjà pas mal pour une petite équipe coachée par un grand coach.  Et puis, dans mon contrat avec la FRMF, je me suis juste engagé sur la qualification à la coupe du monde. Comme il n’y a pas d’enjeu pour moi, j’irai donc au Qatar en touriste de luxe, serein, sans stress, et l’esprit en fête. Pendant que mes poulains vont mouiller le maillot, je me contenterai pour ma part de jouer les touristes de luxe.

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