Une équipe du Canard a alpagué le coach national Walid Regragui à sa descente  d’avion (de retour) à l’aéroport Casablanca Mohammed V  après l'élimination cruelle de ses poulains dès les 8e de finale de la CAN 2023.

Une énième débâcle pour les Lions de l'Atlas en coupe d’Afrique des nations alors qu’ils avaient le statut de favoris compte tenu de leur épopée au mondial du Qatar… Comment vous l’expliquez? Est-ce l’acharnement du sort ou du sport ? ?

C’est la  faute à la malchance, à la lourdeur du climat ivoirien, à la blessure de Boufal et Ziyech et à mes choix tactiques hasardeux, et pour couronner le tout au ratage du Penalty par Achraf Hakimi…Vous voyez, nous n’avons pas été aux prises avec les seules  Bafana Bafana, nous avons dû lutter contre plusieurs adversités…

On aurait pu à la limite  aller jusqu’aux tirs aux buts et perdre. Mais encaisser 2-0 contre l’Afrique du Sud est dur à avaler, ça  a les allures d’une humiliation…

Je sais mais j’en assume toute la responsabilité en me proposant comme le bouc-émissaire de cette défaite cuisante.  Ce que j’ai fait juste après la cata.

Vous auriez pu annoncer votre démission dans la foulée de cette débâcle en insistant sur son caractère  irrévocable…

Je ne suis pas le seul à décider. Après tout, je  ne suis qu’un technicien-exécutant, paye par la fédé.

C’est facile de se faire auto-porter le chapeau alors que vous avez démoralisé toute une nation qui a fait de vous un héros national…

Je sais et j’en suis navré mais je ne peux faire d’autres sacrifices pour  le moment, sauf à prendre sur moi les débâcles à venir

Les débâcles à venir ?

Il vaut mieux être dans l’anticipation que dans la réaction. Une bonne déception est celle qu’on prépare à l’avance surtout sur le plan psychologique. L’objectif est que le peuple des supporteurs, déjà habitué aux échecs de son Onze national trop adulé pour rien, soit moins traumatisé, le moment venu.  Dans cette perspective,  je propose de réfléchir dès maintenant sur le projet de cellules psychologiques…

Donc vous êtes bien parti pour durer?

On  ne change pas un coach qui perd en plus avec gloire et panache dans le droit fil de ses prédécesseurs qui, à part Baddou Zaki qui a atteint la finale de la CAN,  se sont fait sortir  prématurément de la compétition africaine. Pourquoi voulez-vous que  je déroge à la règle ?

Mais on attendait  le sacre ou la finale au moins puisque vous avez réussi ce qu’aucun coach arabe et africain à réussir, jouer les demies-finales en coupe du monde?

C’était une combinaison qui a marché une fois. Mais elle ne pouvait pas réussir à tous les coups.

Mais encore ?

Je crains  que les Marocains n’aient à vivre  longtemps encore sur les souvenirs exquis  du mondial qatari sur le modèle nostalgique de la CAN que nous n’avons remportée qu’une seule fois.

Un mot sur votre altercation verbale avec le capitaine d’équipe de la RDC qui vous a valu des sanctions de la FIFA…

C’est un incident regrettable. Je crois que les éloges dont j’ai été la cible jusqu’à l’excès ont fait prendre la grosse tête à «RAS l’avocat ». Maintenant, promis-juré, je vais tout faire pour ne pas devenir une tête à claques. Ce qui est déjà un exploit.

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