CANETON FOUINEUR

La persistance de la crise sanitaire tue l’espoir d’une reprise touristique en 2021

La peine complète
Ahmed Zoubaïr
4/2/2021 2:30
Nadia Fettah, une ministre inaudible...

Les professionnels du tourisme national sont aux abois à cause d’une crise sanitaire qui a ravagé leur activité....

Les professionnels du tourisme national sont aux abois à cause d’une crise sanitaire qui a ravagé leur activité. Devant un virus qui mute et fait des siennes, ils n’ont ni visibilité ni capacité à se projeter...

Le tourisme mondial n’en finit pas de souffrir, payant un lourd tribut à la pandémie du coronavirus. Chaque fois que les autorités serrent la vis des restrictions dans leur lutte complexe contre le virus et ses variants, c’est le secteur du voyage, de l’hôtellerie, de l’aérien, du transport terrestre, de la restauration les loisirs, qui trinque. Tests obligatoires, quarantaines, fermeture des frontières… autant de mesures sévères qui plombent la reprise de la dynamique touristique mondiale en impactant durement l’ensemble de l’écosystème. La vaccination progressive des populations, qui a démarré depuis le mois de décembre dans de nombreux pays, est la seule à même de promouvoir un tourisme sûr et sans risque, redonner le sourire aux professionnels de cette industrie très fragile. En attendant le retour des beaux jours, l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) a livré les chiffres de 2020 et ils sont, pour le moins que l’on puisse dire, catastrophiques : chute des arrivées internationales de 74 %, ce qui correspond à un manque à gagner de 1 milliard de touristes pour les destinations touristiques par rapport à l’année précédente.

Massacre

Cette crise sans précédent s’est traduite par une perte de recettes d’exportation estimée par l’OMT à 1 300 milliards de $ US, soit 11 fois la perte occasionnée par la crise économique mondiale de 2009 ! L’effondrement du secteur du voyage menace entre 100 et 120 millions d’emplois directs dans le tourisme, dont la majorité issue de petites et moyennes entreprises. L’émergence de nouveaux variants du Covid-19 semble avoir compromis sérieusement les perspectives d’un rebond, attendues en 2021. La relance de l’activité, si toutefois d’ici là le vaccin arrive à bout de la pandémie, n’interviendra qu’en 2022. À plus longue échéance, il faudra plusieurs années avant que le secteur ne retrouve son niveau de prospérité d’avant la crise sanitaire.

Deux années d’arrêt d’activité, sans recettes et avec un compteur des charges qui continue de tourner, ont viré au massacre pour de nombreuses entreprises du secteur, minées par une croissance quasi nulle. Au Maroc, c’est la bérézina pour les opérateurs principalement les hôteliers, les transporteurs et les artisans ainsi que tous les petits métiers qui gravitent souvent dans l’informel autour du secteur, aussi bien en milieu urbain que dans le monde rural.

Les espoirs d’une reprise salvatrice, sans cesse déçus par la persistance d’un virus coriace et imprévisible, s’éloignent de plus en plus, faisant planer la menace de dégâts durables sur une filière basée sur l’optimisation du remplissage. Un hôtel n’est viable que s’il arrive à afficher un taux d’occupation entre 60 et 70 % minimum. Faute de quoi, l’établissement perd de l’argent, à défaut d’atteindre le seuil de rentabilité requis qui lui permet de payer toutes ses charges y compris celles qui sont incompressibles. C’est pour cela que de nombreux hôtels à Marrakech et à Agadir ont préféré ne pas rouvrir leurs portes…

Pour soutenir les victimes de la pandémie qui ont perdu 25 % de leurs chiffres d’affaires tout en s’engageant à maintenir 80 % de l’emploi, le gouvernement marocain a décidé de faire bénéficier le personnel touristique, déclaré à la CNSS, de l’indemnité COVID d’un montant mensuel de 2 000 DH. Terrible coup du sort pour les hauts et cadres moyens qui touchaient une rémunération conséquente et qui du jour au lendemain se sont retrouvés avec une somme qui ne couvre même pas les frais de bouche de la famille… Comment faire face aux autres charges fixes et honorer les divers crédits contractés (logement, consommation, automobile… )? La dégradation sociale est sévère pour une partie de l’encadrement touristique national. Pour les patrons, la situation est tout aussi catastrophique. S’ils ne risquent pas de connaître des fins de mois moins difficiles de leurs collaborateurs, ils angoissent pour la pérennité de leur business, confronté à une disette sans précédent et, pire encore, à une absence de visibilité qui anesthésie toute stratégie prévisionnelle ou projection dans l’avenir. L’horizon touristique n’a jamais été aussi sombre. Les plus lucides d’entre les professionnels sont conscients que leur secteur d’activité, qui jusqu’à début 2020 était sur un trend évolutif, n’échappera pas à une redistribution des cartes qui verra certains établissements notamment hôteliers changer de main et passer sous le contrôle des guetteurs des bonnes affaires en période de crise.

Tourisme : Contrat-programme caduc ?  

Le tourisme national pèse 7 % du PIB national, génère annuellement près de 80 milliards de DH en devises et produit des effets d’entraînements économiques non négligeables. Si les professionnels du tourisme national revendiquent quelque 550 000 emplois directs, ces derniers ne sont pas tous déclarés. La main-d’œuvre saisonnière et l’informel représentent encore un certain poids dans la structure de l’activité qui reste dominée par des PME, que ce soit dans l’hôtellerie, le métier d’agent de voyage, le transport, la location de voitures ou la restauration. Excepté quelques hôtels qui se comptent sur le bout des doigts comme le Mandarin Oriental de Marrakech ou la chaîne Tikida, la majorité des établissements d’hébergement classés n’est pas très endettée…

À croire une source proche du dossier, les crédits qui restent à payer arriveront à échéance dans 3 ou 5 ans. Reste le problème des affaires familiales qui ont contracté des crédits pour démarrer. Là aussi, les montants en jeu ne sont pas considérables. Les différents mécanismes de financement et autres mesures de soutien déployés par l’État dans le contrat-programme « pour la relance du secteur touristique post covid », signé en août dernier, ont quelque peu atténué l’impact de la crise sanitaire sur l’écosystème touristique. Mais reste à savoir si le contenu de ce contrat est toujours valable sachant que le virus a décidé de jouer les prolongations tout en mutant alors que les professionnels et les pouvoirs publics misaient sur un rebond de l’activité en 2021.


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