Ahmed Zoubaïr
11/2/2021 1:43
Un code du télétravail s'impose...

Le secteur de l’outsourcing, représenté désormais par une nouvelle fédération cooptée par la CGEM, défendra-t-elle...

Le secteur de l’outsourcing, représenté désormais par une nouvelle fédération cooptée par la CGEM, défendra-t-elle la mise en place d’un cadre légal pour le travail à distance ?  

La crise sanitaire provoquée par la pandémie du Covid-19 a bouleversé le quotidien des gens mais aussi leur manière de travailler. C’est ainsi que le télétravail, partiel ou intégral, s’est imposé partout comme une solution à la réduction des contaminations au virus. Bien des secteurs dont les tâches sont télétravaillabes ont été télétravaillées dans de nombreux pays qui s’y sont mis sur recommandation souvent des pouvoirs publics désireux de protéger la santé de la population. Au Maroc, c’est la filière des centres d’appel en particulier. Laquelle depuis l’apparition de l’épidémie, bataille vigoureusement pour généraliser le télétravail pour ses employés en l’installant comme un mode de fonctionnement normal. L’initiative est louable sauf que les opérateurs du secteur veulent basculer dans le travail à domicile sans s’acquitter des obligations que cette transformation entraîne vis-à-vis du personnel en les formalisant dans un cadre légal.  Car travailler de chez soi entraîne nécessairement des surcoûts (téléphone, électricité, matériel informatique, connexion Internet, assurance télétravail…) sans oublier d’éventuels dégâts pouvant survenir à domicile… Il s’agit aussi de savoir si le salarié dispose d’une maison adaptée et un espace dédié pour dispenser correctement une prestation professionnelle en distanciel…Pour certains observateurs, les patrons des centres d’appels opérant au Maroc n’en ont cure puisqu’ils voient dans le télétravail juste une opportunité pour gagner encore plus au détriment de leurs collaborateurs déjà sous-payés.  

En France, dont sont issus la majorité des donneurs d’ordres ayant délocalisé leurs relations clients au Maroc, l’exemple a été donné par le groupe Comdata. Ce dernier, qui dispose d’une filiale au Maroc fédérant plusieurs centres d’appel, a pris les devants en signant le 27 janvier 2021 un accord au télétravail en 17 articles avec 6 centrales syndicales (CFDT, CGTC, CGT, FO et l’organisation syndicale Sud). En préambule de ce texte qui organise les rapports de télétravail entre l’entreprise et ses salariés en définissant les obligations et les devoirs de chacun, les signataires donnent le ton en des termes clairs : « Le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication permet d’envisager de nouveaux modes d’organisation du travail, dont le télétravail, qui pourraient contribuer à améliorer les conditions de travail, la qualité de vie et l’efficacité des organisations ». La CGEM a coopté récemment la Fédération marocaine de l’externalisation des services (FMES), qui a arraché  son indépendance par rapport à l’Apebi avec le concours actif d’une certaine Ghita Lahlou. La présidente de la Commission capital humain et porte-parole de la Confédération patronale n’est autre que la dirigeante entre autres affaires des call centres que possède Moulahoum Hafid Elalamy, et elle était à ce titre membre de l’Association marocaine de la relation client (AMRC) qui a été absorbée par la nouvelle fédération. Vous avez dit opération téléphonée ?  Une chose est sûre : On n’est jamais mieux servis que par ses copains. Du côté des syndicats marocains, l’optimisme est de mise. Celui de voir les dirigeants de la FMES, qui se targuent de représenter un secteur, l’outsourcing, qui commence à peser lourd dans l’économie nationale (120 000 emplois, un chiffre d’affaires de 14,1 MMDH, 1,3 MMDH d’investissements et 9% de croissance en 2019) prendre exemple sur l’accord syndical avant-gardiste signé par Comdata France.

Objectif : mettre le télétravail dans les centres d’appel au Maroc sur la bonne voie. Une voie où les droits légitimes des télétravailleurs seront pleinement respectés.

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