Jamil Manar
28/7/2021 21:10

Le Canard s’est attelé à évaluer l’action des islamistes au pouvoir depuis 2012. Résultat des courses...

Le Canard s’est attelé à évaluer l’action des islamistes au pouvoir depuis 2012. Résultat des courses :  Benkirane et ses amis ont marqué leur passage à leur façon par des actions spectaculaires, voire sensationnelles. En voici les principales.

Abdelilah Benkirane : Après la fin de son mandat de Premier ministre en 2017, Abdelilah Benkirane a fait en catimini une démarche pour le moins étonnante auprès des hautes du pays : percevoir une pension retraite au motif qu’il est pauvre, qu’il n’a rien à manger et qu’il loge chez sa femme. Sinon, Abdelilah Benkirane   n’a pas de bilan à faire valoir au bénéfice de la population. Bien au contraire, il a engagé des réformes qui vont à l’encontre des intérêts des Marocains comme la suppression de la subvention des carburants au nom de la libéralisation de  la distribution des hydrocarbures, ce qui a eu comme effet de renchérir le prix des carburants à la pompe. Un mauvais coup de plus pour le pouvoir d’achat des Marocains… L’ex-gourou islamiste a également défendu crânement des initiatives purement électoralistes comme l’Instauration en 2015 d’un fonds de soutien aux veuves. Le timing n’était pas dû au hasard : les élections approchaient et le PJD espérait ainsi séduire ces veuves, un réservoir électoral de quelque 300.000 voix. Comme quoi, rien n’est gratuit chez les islamistes…  

Bassima Hakkaoui : Le 7 octobre 2018. Décès d’un non-voyant au ministère de la Famille, de la Solidarité, de l’Égalité et du Développement social dirigé par la PJD. La victime est un jeune chômeur non-voyant, qui participait à une manifestation pour l’emploi sur le toit du ministère de Mme Hakkaoui à Rabat. Le pauvre a fait une chute mortelle. Le jeune homme prenait part à un sit-in organisé depuis fin septembre 2018 par des dizaines de ses congénères au chômage sur le toit du ministère en question en vue de réclamer des embauches dans la fonction publique. Mais Bassima Hakkaoui a refusé de les recevoir et prendre en charge leurs revendications… L’irresponsabilité rend aveugle…  

Abdelkader Amara : Avril 2015.  L’affaire avait fait scandale. Du temps où il était ministre de l’Énergie et des Mines dans le premier gouvernement Benkirane, Abdelkader Amara a aménagé en catimini une chambre à coucher ainsi qu’une douche au sein de son bureau au ministère. Le ministre qui n’a pas nié les faits a justifié son « investissement » par le temps passé à travailler dans son département jusqu’à une heure tardive de la soirée. « Je quitte ma maison très tôt tous les matins et quitte le bureau à 21 heures », avait-il écrit. Le pauvre dont l’argument n’a pas convaincu travaillait beaucoup au point qu’il était contraint de dormir au ministère en charmante compagnie… de ses dossiers et non chez lui auprès de sa moitié.

Mustapha Ramid : Juin 2020. Le scandale Ramid éclate en plein confinement lié au covid-19.  Le 10 juin, Mme Jamila Bichr, l’assistante officiant dans le cabinet d’avocat du ministre d’État chargé des Droits de l’homme décède. Le 15 juin sera diffusé sur les réseaux sociaux un enregistrement dans lequel une voix anonyme mais manifestement informée fait l’éloge de la défunte, avant de lâcher une bombe: feue Bichr n’a jamais bénéficié d’une couverture maladie, son patron qui n’est autre que Me Mustapha Ramid ayant négligé de la déclarer à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). L’affaire est grave pour le ministre d’État en charge des Droits de l’homme et numéro deux gouvernement qui a également occupé le poste de ministre de la Justice. Le responsable islamiste n’a jamais réagi officiellement à cette affaire qui a profondément choqué les Marocains. Avec le PJD, c’est plutôt l’insécurité sociale.  

Mohamed Amekraz : Le ministre du Travail et de la Formation professionnelle est également fâché avec la CNSS dont il est président du conseil d’administration. Concomitamment au scandale Ramid, on a découvert que M. Amekraz, qui possède un cabinet d’avocat à Agadir, a omis de déclarer à son tour deux de ses collaborateurs à la CNSS qu’il s’est empressé d’enregistrer après l’éclatement de l’affaire Ramid.

Amina Maelainine : Janvier 2019. Le PJD est secoué par un autre scandale.  La députée Amina Maelainine, 7e vice-présidente de la région Souss-Massa et 7e vice-présidente de la Chambre des représentants, est au cœur d’une grosse tourmente. Une photo la montrant, sans voile, tout sourire et en plein saut, à quelques mètres devant la fameuse salle de spectacle du Moulin rouge, à Paris, fait le tour des réseaux sociaux.  

La photographie est largement diffusée dans les milieux hostiles au PJD, mais aussi sur les pages des réseaux sociaux des militants de gauche. C’est du pain bénit pour les adversaires du PJD qui ont dénoncé copieusement une attitude hypocrite de la part de celle qui était connue pour son conservatisme, qu’elle était fière d’afficher en conservant son voile dans ses réunions politiques et parlementaires. Les ténors du PJD ont beau dénoncer une tentative de déstabilisation et de discrédit de leur parti tout en plaidant pour le respect de la vie privée, le scandale a porté un sérieux coup à l’image d’une formation qui a instrumentalisé la religion et ses signes extérieurs comme le voile pour gagner des voix électorales et arriver au pouvoir. A bas le voile. Le PJD a montré son visage.        

Omar Benhammad et Fatima Nejjar : 20 août 2016. Le Mouvement unicité et réforme (MUR), le bras idéologique du PJD, est dans tous ses états. Deux de ses membres, Moulay Omar Benhammad et Fatima Nejjar, ont été pris   en flagrant délit de rapport sexuel par la police judiciaire le samedi 20 août 2016, alors qu’ils étaient dans leur voiture à côté d’une plage de la ville de Benslimane (56 km de Casablanca). Moulay Omar Benhammad, marié, père de sept enfants et professeur des études islamiques à la faculté des lettres de Rabat, et Fatima Nejjar, veuve et mère de six enfants est une prédicatrice connue, ayant à son actif, d’innombrables causeries religieuses diffusées sur YouTube. Faites ce que je dis mais ne faites pas ce que je fais, telle semble être le devise des islamistes du PJD. Les islamistes sont de nouveau allés droit dans le MUR.

Saaeddine Al Othmani : 22 décembre 2020. Le secrétaire général du parti et le chef du gouvernement, Saadedine Al Othmani a apposé sa signature sur la déclaration tripartite entre le Maroc, Israël et les États-Unis, officialisant la normalisation des liens diplomatiques entre Rabat et Tel Aviv. Ce geste lourd de sens pour les islamistes contredit les principes affichés du PJD dont les dirigeants ont toujours affiché leur hostilité à l’égard de la normalisation avec l’État hébreu. Avec la proposition du gouvernement qu’il dirige d’un projet de loi sur la légalisation du cannabis à usage thérapeutique,  le soutien des islamistes à la normalisation des relations maroco-israéliennes a soulevé un  tas de questions ici comme ailleurs sur la crédibilité de l’engagement du PJD sur  des sujets que les islamistes considéraient comme une ligne rouge…

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