Si le Brexit et la politique migratoire n’ont pas branlé l’Union européenne, peut-être que le nouveau coronavirus...

Si le Brexit et la politique migratoire n’ont pas branlé l’Union européenne, peut-être que le nouveau coronavirus y arrivera. En provoquant « un choc économique sans précédent depuis la grande dépression », selon le Commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, en faisant référence à la grande dépression de 1929, la covid-19 sème la zizanie au sein de la zone euro opposant les pays prônant une politique stricte et austère en matière des dépenses publiques, conduits par l’Allemagne, aux partisans de plus de flexibilité avec à leur tête la France.

Une discorde qu’est venue attiser un jugement controversé de la Cour suprême allemande. Laquelle Cour,  dans un jugement retentissant, rendu le 5 mai, a contesté la légitimité de la politique d'aide de la Banque centrale européenne (BCE) à la zone euro via le rachat de dettes publiques, ainsi que le jugement de décembre 2018 de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) qui validait l'action de l'institut monétaire. Autrement dit, la plus haute autorité judiciaire du pays de Gœthe en récusant l’idée d’un partage du fardeau de la dette générée par la lutte contre le coronavirus, via le rachat de dettes publiques sape par la BCE, sape l’un des fondements de l’union monétaire européenne. Une situation si grave que dans une déclaration publiée le dimanche 10 mai, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a évoqué une possible procédure contre l'Allemagne à la suite de ce jugement rendu par sa cour suprême contre la BCE. Du jamais vu. Des rappels à l’ordre ou des procédures contre des petits pays comme la Pologne, la Hongrie on connaît mais contre le moteur de l’Europe c’est carrément une cruciale tournure pour ne pas dire rupture.

Néanmoins, vu son poids au sein de l’Union, il est peu probable que la Commission européenne engage du moins immédiatement une action en justice contre Berlin.

« Nous touchons au jugement d'un tribunal national et de la plus haute juridiction d'Allemagne. Cela soulève donc la question de l'indépendance du pouvoir judiciaire. Nous devons donc être très prudents lorsque nous envisageons de lancer ou non une procédure d'infraction », a déclaré un fonctionnaire de Bruxelles. Mais quelle que soit la suite de cette affaire elle ne manquera pas de fragiliser un peu plus « la vieille Europe. ». Ça promet. λ

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