Une équipe du Canard a été reçue par le secrétaire général du PPS Nabil Benabdallah dans son bureau où trône...

Une équipe du Canard a été reçue par le secrétaire général du PPS Nabil Benabdallah dans son bureau où trône son propre portrait grand format...

Comment se présentent les prochaines élections pour le PPS ?

Franchement mal. Le peu d’élus et de membres dont je dispose m’ont quitté au cours de ces dernières semaines dans un exode massif...


Ils sont partis en vadrouille ?

Non, chez la concurrence qui les attire comme un aimant. Ce qui n’est pas normal. Il faut protéger les petits partis comme le nôtre contre la tentation de migrer vers des cieux partisans plus cléments par la promulgation d’une loi anti-transhumance.


Mais ils sont libres de partir là où ils veulent surtout s’ils ne sentent pas d’attache avec leur parti d’origine ?

La liberté doit s’arrêter là où commence l’aggravation de l’hémorragie du parti victime d’exode. Le droit des minorités partisanes doit à mon sens figurer dans la Constitution pour ne pas les priver de celui de faire les figurants au Parlement.


Avec à peine 12 députés qu’il décroche très difficilement, le PPS est en danger de mort parlementaire et même politique...

Et c’est ce qui m’inquiète. Pour faire éviter cette triste perspective à mon parti, j’invite le ministère de l’intérieur d’intégrer dans les lois électorales l’égalité des partis d’accéder aux notabilités locales et aux professionnels des élections qu’il s’agit de repartir sur la classe politique en fonction de l’ancienneté de ses composantes.


Mais vous allez déjà bénéficier de la réforme du quotient électoral susceptible de vous gratifier d’un bonus de 2 ou 3 députés...

Cette réforme arrange surtout les grands partis. Au PPS, on a besoin d’un coup de pouce amical supplémentaire pour nous faire changer de catégorie. On mérite, compte tenu de notre abnégation et notre béninouisme, de devenir un parti moyen qui tourne autour de 25 députés. C’est un chiffre respectable qui me permettrait de bomber le torse…


Maintenant, vous faites profil bas ?

Pire, je rase les murs en attendant des lendemains qui chantent pour les anciens communistes.


Comment avez-vous vécu votre basculement dans l’opposition ?

L’opposition au Maroc est un désert où la soif du pouvoir est décuplée. Je l’avoue, quitter le gouvernement aura été une grosse erreur que l’on ne répétera plus à l’avenir. J’ai hâte de redevenir un ministricule.


Dans quel gouvernement ?

Peu importe avec qui. Les alliances comptent très peu pour moi. L’essentiel c’est d’être dedans.

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