Une équipe du Canard s’est entretenue avec le président du CESE Ahmed Reda Chami, suite à l’audience qui lui a été accordée...

Une équipe du Canard s’est entretenue avec le président du CESE Ahmed Reda Chami,  suite à l’audience qui lui a été accordée par le Premier ministre...

Vous avez été reçu, vendredi 19 février, par le Premier ministre Saad Eddine Al Othmani. C’est inhabituel…

Comme il n’avait rien à faire après le couscous, Al Othmani m’a accordé une audience pour papoter de tout et de rien…


De tout et de rien ?

On a parlé du retour de la pluie, du Covid et de ses ravages sur les hammams et les salles de sport, des virus politiques qui ont infesté les partis et la nécessité d’un vaccin contre la médiocrité généralisée et l’opportunisme sous toutes ses formes.  Tout cela bien sûr dans le respect des gestes-barrières, du port du masque, des règles de la distanciation sociale et politique.


Et alors ?

Il est temps que nos chercheurs qui n’ont rien découvert jusqu’à présent se lancent dans la recherche des vaccins contre les mille et maux qui minent le pays et l’empêchent de se défendre de manière efficace contre tous ces corps étrangers qui ont envahi le corps national.  

M. Al Othmani a été d’accord avec toutes mes propositions et comme il est honnête, il m’a confié que s’il était devenu Premier ministre, un poste qu’il n’a jamais rêvé de décrocher,  c’est parce que le niveau du pays a dangereusement baissé…


Et vous comptez faire quoi pour relever le niveau ?

Accélérer la cadence de la réunionite et continuer à  faire des rapports volumineux bourrés de lapalissades que personne ne lit, mais qui me permettent d’exister en tant que président du Conseil économique, social et environnemental… Mon activité non essentielle est bonne pour mon moral d’ex-ministre qui n’a pas marqué les esprits et d’ancien ambassadeur éphémère auprès de l’UE


Avez-vous remis un rapport à votre interlocuteur ?    

Évidemment, je ne pouvais pas aller chez lui les mains vides, ç’aurait été disgracieux de me part de ne pas lui offrir quelque chose de très lourd…

Franchement, je lui ai filé de la lecture adaptée aux nuits sans sommeil : un rapport assommant sur «la santé et  la sécurité dans le domaine du travail».

 

Deux composantes essentielles qui font défaut dans le monde professionnel…

Dans mon rapport, j’ai insisté sur l’importance de faire de  la santé et de la sécurité au travail les principaux chevaux de bataille du gouvernement. Sur ce point aussi, j’ai arraché l’accord de M. Al Othmani qui dit bizarrement oui à tout ce que je lui propose…


Il est très gentil notre Premier ministre. Ne pensez-vous pas que le Maroc a la chance de l’avoir ?

Et comment. Le Maroc a aussi la chance d’avoir un homme comme moi à la tête du CESE et qui pour arrondir ses fins de mois déjà très riches, s’est débrouillé des jetons de présence dans pas mal d’institutions pour éloigner définitivement le spectre de l’appauvrissement qui guette les riches en ces temps de plus en plus incertains.


Comment vous définissez-vous in fine M. Chami ?

Je me considère d’abord comme un homme de rétribution, gagnant-gagnant, qui contribue avec dévouement au renforcement de sa propre richesse matérialo-intellectuelle…

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